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Adoption technologique

Évaluer le degré de numérisation d'une PME suisse

Selon une étude de swissICT menée avec la Haute école spécialisée bernoise et citée par MTF Solutions, deux tiers des entreprises suisses ont un besoin urgent de numérisation ; 26 % présentent même…

Pourquoi mesurer avant de numériser

Selon une étude de swissICT menée avec la Haute école spécialisée bernoise et citée par MTF Solutions, deux tiers des entreprises suisses ont un besoin urgent de numérisation ; 26 % présentent même des déficits massifs. Les freins invoqués par les PME reviennent souvent : temps limité, manque de savoir-faire, moyens financiers restreints. Lancer un projet sur ces seules impressions, c'est investir sans savoir où se situent les écarts les plus coûteux.

Le contexte joue en faveur des petites structures : selon kmu.admin.ch, les PME disposent de moins de compétences techniques et de moins de temps que les grandes entreprises, mais leur taille leur confère généralement une plus grande capacité à changer rapidement. Un état des lieux permet justement de repérer les quelques chantiers qu'une structure légère peut absorber vite, au lieu de disperser ses efforts.

Ce qu'un diagnostic de maturité digitale doit couvrir

La transformation digitale oblige la PME à adapter son fonctionnement : ajustements au niveau des processus internes, de la relation client et parfois du modèle d'affaires, note kmu.admin.ch. Les exemples sont concrets : suivi informatisé de la production d'un côté ; commande en ligne, configuration et gestion de la maintenance en ligne de l'autre. Un diagnostic limité à l'inventaire des logiciels installés passe à côté de ces trois niveaux.

Le Swiss Digital Center rappelle que la transformation numérique dépasse l'adoption de nouvelles technologies : elle touche les processus internes, les modèles d'affaires et la culture organisationnelle des PME. Un périmètre couvrant outillage, processus, données, gouvernance, compétences et durabilité distingue un diagnostic sérieux d'un simple audit informatique.

Le questionnaire de l'Observatoire du numérique genevois couvre la gouvernance numérique (quels domaines utilisent des outils numériques) et la gestion des données (consentement des clients à la collecte, sécurité). Il couvre aussi la transition numérique (défis liés à l'évolution de l'entreprise et de ses employé·e·s sous l'effet des outils numériques) et la durabilité (comportements numériques responsables encouragés auprès du personnel).

Les questionnaires d'auto-évaluation : un premier état des lieux

Le déroulé est standardisé. L'auto-évaluation de l'Observatoire du numérique genevois prend une vingtaine de minutes : l'entreprise répond à des questions réparties en plusieurs thématiques, chaque thématique reçoit un score de 0 à 5, et des recommandations accompagnent chaque réponse pour aider à améliorer le score. Destiné aux firmes de l'Arc jurassien, le Digital Arc Hub se complète en environ 20 minutes et répartit 27 critères dans 9 dimensions.

Développé par la HES-SO Valais-Wallis avec le Swiss Digital Center, l'outil d'autodiagnostic promet un résultat en quelques minutes, à partir de quelques questions pratiques ; il est gratuit et personnalisé. Ces tests valent par leur rapidité : ils donnent une base de discussion chiffrée en une séance, pas un verdict définitif.

Les scores par thématique indiquent où regarder ; les recommandations liées à chaque réponse disent quoi faire. Rempli par la seule direction, un autodiagnostic reflète sa vision : le faire compléter par les personnes qui exécutent les processus évite une image lissée.

Où trouver un outil adapté à sa région

À Genève, le canton a lancé « L'Observatoire du numérique », un outil d'auto-évaluation en ligne qui permet aux entreprises de situer leur degré de maturité en matière de numérisation et de responsabilité numérique. Il résulte d'une collaboration entre l'UNIGE, la HEG et l'entreprise suisse Ethix Lab, et repose sur un questionnaire auquel 1200 entreprises ont répondu.

Fabienne Fischer, alors conseillère d'État chargée du Département de l'économie et de l'emploi, soulignait qu'un outil comme l'Observatoire du numérique, en libre accès pour toutes et tous, permet une comparaison qui engage l'action. Il améliore la sécurité des entreprises et évite l'apparition de fossés numériques entre acteurs économiques.

Pour l'Arc jurassien, le Digital Arc Hub mesure le degré de maturité digitale. Il repose sur un formulaire d'environ 20 minutes, avec 27 critères répartis en 9 dimensions, dont l'expérience client, l'innovation (produits et services), la stratégie et l'organisation.

En Valais, le Swiss Digital Center met à disposition des PME deux outils gratuits développés par la HES-SO Valais-Wallis : un outil de maturité digitale et un outil d'aide au choix d'un ERP. Tous deux sont en accès libre sur son site et peuvent constituer une première étape vers la digitalisation, quels que soient le domaine d'activités ou la taille de l'entreprise.

L'ERP Finder recense 75 solutions ERP et 241 intégrateurs susceptibles de conseiller les entreprises. Pour Florian Bürki, l'un des concepteurs de l'outil de maturité, un diagnostic de maturité digitale permet d'évaluer les pratiques actuelles.

Il permet aussi d'identifier les axes d'amélioration et de tracer une feuille de route pour mener à bien la transformation numérique. À noter : kmu.admin.ch mentionne en complément des questionnaires en ligne d'auto-évaluation, sans les nommer.

Outils d'auto-évaluation disponibles par région en Suisse

  1. Genève – Observatoire du numériqueQuestionnaire en ligne, libre accès, basé sur 1 200 réponses
  2. Valais – Swiss Digital CenterDeux outils gratuits : maturité digitale et ERP Finder (75 solutions)

Quand l'auto-évaluation ne suffit plus

Pour un état des lieux avec soutien extérieur, kmu.admin.ch cite les hautes écoles suisses et les réseaux professionnels : associations faîtières, chambres de commerce, cercles de promotion économique. La même source cite aussi les agences et entreprises spécialisées en conseil. Le Swiss Digital Center précise qu'un suivi est ensuite possible pour les PME qui le demandent après avoir testé l'outil de maturité.

Le recours à un tiers se justifie dans trois cas concrets. D'abord, le périmètre touche des fonctions que personne en interne ne maîtrise : sécurité et gestion des données, gouvernance numérique. Ensuite, le constat interne est contesté entre direction et équipes ; enfin, le diagnostic doit être défendable devant un conseil d'administration, une banque ou un partenaire.

Un regard externe oblige à documenter les écarts plutôt qu'à les relativiser, ce qui limite l'auto-complaisance. Il a aussi un coût : mieux vaut réserver l'intervention externe aux domaines où l'écart est réel et où la décision est difficile à porter seul.

Transformer le diagnostic en feuille de route

Après avoir évalué l'organisation, les technologies et les ressources internes, les PME doivent définir quels nouveaux outils, machines, métiers ou compétences sont nécessaires pour accompagner le tournant digital, selon kmu.admin.ch. Cette phase permet de cibler les ressources externes manquantes. Le manque pourra être comblé par le recrutement de nouveaux collaborateurs, une restructuration de l'entreprise ou l'achat de nouveaux logiciels ou machines.

Traduire un score en plan d'action suppose de hiérarchiser : trier les écarts par thématique, puis décider lesquels se traitent par un outil, lesquels par une réorganisation et lesquels par une compétence à acquérir. Chaque écart retenu doit être rattaché à l'une de ces trois réponses — outil, organisation, compétence —, sinon il reste une intention sans porteur. Le diagnostic devient alors un document de travail utilisable pour l'exercice budgétaire.

Du diagnostic à la feuille de route : étapes structurées

  1. Évaluation des technologies, processus et ressources internes
  2. Identification des besoinsoutils, machines, métiers, compétences
  3. Hiérarchisation des écarts par thématique
  4. Attribution à une solutionoutil, réorganisation, formation
  5. Intégration dans le plan stratégique et budgétaire

Chiffrer l'effort et son retour

L'investissement varie selon les domaines concernés par la digitalisation, précise kmu.admin.ch. Il peut aller de CHF 10'000, par exemple pour l'achat d'un nouveau logiciel, à plusieurs centaines de milliers de francs si la digitalisation exige d'installer de nouvelles machines ou d'engager de nouveaux collaborateurs.

La même source rappelle la règle de base : avant d'investir dans l'évolution digitale de l'entreprise, il faut calculer les retombées du processus. Clarifier le retour sur investissement d'une telle modification permet d'en valider la nécessité. Les retours financiers de la transformation numérique doivent dépasser son coût.

Concrètement, l'état des lieux doit produire, pour chaque chantier retenu, une estimation de dépense et une estimation de gain. Sinon la comparaison des priorités se fait à l'aveugle.

Entretenir les compétences pour que l'effort tienne

Pour maintenir l'apport de la transition digitale, kmu.admin.ch indique qu'il est impératif d'entretenir les connaissances des employés : face à la rapidité de l'évolution numérique, les acquis deviennent vite obsolètes. Un diagnostic débouche donc logiquement sur un volet formation, en particulier pour les collaborateurs qui devront utiliser les nouveaux outils ou porter les processus modifiés.

La compétence numérique interne s'apprécie aussi par rapport au contexte. Des travaux recensent les sources statistiques disponibles sur le niveau de compétences numériques de la population en Suisse, ce qui donne un repère pour situer une équipe, sans se limiter à l'âge du personnel.

Enfin, la démarche est récurrente : un diagnostic est un instantané pris à un moment donné, avec des outils et des questions qui évoluent eux aussi — d'autres régions disposent d'outils comparables, comme le Digital Arc Hub pour l'Arc jurassien. Reprogrammer une évaluation à intervalle régulier, plutôt que considérer l'exercice comme réglé une fois pour toutes, est la condition pour que les écarts comblés le restent.

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