
Marché du travail
Décrypter le marché du travail suisse
L’institut KOF constate une progression modérée du marché suisse du travail.
Évolution du marché du travail suisse en 2024 et 2025
L’institut KOF constate une progression modérée du marché suisse du travail. Au deuxième trimestre 2024, seuls 8 000 postes se sont ajoutés, après deux années d’expansion soutenue : la création nette de postes a ralenti. La demande européenne est atone et aucune impulsion conjoncturelle intérieure ne soutient l’activité.
Pour 2025, le KOF prévoit une hausse de l’emploi de 1 % (0,9 % en équivalents plein temps), légèrement sous la moyenne de long terme et nettement inférieure aux 1,4 % de 2024. La population active devrait augmenter de 1,3 % cette année-là. En 2026, la progression de l’emploi se maintiendrait à 1,1 % selon ses projections.
Le marché suisse compte plus de 5,1 millions de personnes actives en 2023, pour une population d’environ 9 millions d’habitants au 1er janvier 2024. Le taux d’emploi s’élève à 80,7 %, soit 10,3 points de pourcentage de plus que la moyenne de l’UE-27.
Le taux d’emploi des femmes atteint 76,8 %, celui des hommes 84,4 % et celui des jeunes 61,5 %. Ces trois taux dépassent la moyenne de l’UE. Le produit intérieur brut par habitant s’élevait à 75 200 EUR en 2019, contre 35 400 EUR dans l’UE-27.
Le salaire mensuel brut médian s’établit à 7 024 francs en 2024 dans l’économie totale, selon l’Office fédéral de la statistique. Il atteint 6 666 francs pour les femmes et 7 276 francs pour les hommes. Le KOF estime que la phase de baisse des salaires réels touche à sa fin en 2024.
Projections du marché du travail suisse (2024–2026)
- 2024Croissance de l’emploi : +1,4 % (équivalent plein temps)
- 2025Croissance de l’emploi : +1,0 % (équivalent plein temps)
- 2026Croissance de l’emploi : +1,1 % (équivalent plein temps)
Secteurs porteurs de création d'emplois
Selon le KOF, les arts, le divertissement, les transports et l’entreposage ont nettement stimulé la création de postes en Suisse. Malgré les contraintes conjoncturelles, ces branches restent dynamiques.
Des métiers liés à la transformation énergétique et environnementale figurent aussi parmi les profils recherchés sur le marché suisse. Le recrutement y est actif dans des domaines spécifiques.
Les fonctions de vente et de marketing figurent parmi les métiers qui recrutent en Suisse. Les spécialistes de la transformation énergétique et environnementale en font également partie.
Évolution du chômage et pressions conjoncturelles
Les modèles du KOF anticipent une légère hausse du chômage jusqu’en 2026. Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail (BIT) passerait de 4,3 % en 2024 à 4,7 % en 2026 ; celui des chômeurs inscrits au sens du SECO, de 2,4 % à 2,8 % sur la même période.
La faiblesse persistante de la demande européenne et l’absence d’impulsions intérieures vigoureuses l’expliquent. L’emploi reste solide à court terme, mais les tensions conjoncturelles pèsent, notamment dans les secteurs où les excédents de main-d’œuvre sont plus marqués.
En 2023, le taux de chômage suisse était inférieur de 2 points de pourcentage à la moyenne de l’UE-27. Il n’avait pas retrouvé son niveau d’avant la pandémie, soit 4,9 % en 2018 et 4,5 % en 2019. Les excédents de main-d’œuvre restent souvent plus marqués dans les secteurs dominés par les femmes, comme le commerce de détail et l’hôtellerie.
Reconnaissance des diplômes et qualifications professionnelles étrangères
Pour exercer certaines professions en Suisse, la reconnaissance officielle d’une qualification acquise à l’étranger peut être exigée. Les instances compétentes sont notamment la CDIP pour les formations scolaires, le SEFRI pour les qualifications professionnelles et le portail reconnaissance.swiss pour une recherche rapide et ciblée.
La procédure débute généralement par une vérification en ligne sur reconnaissance.swiss. Elle indique si la profession visée exige une reconnaissance et à quel organisme s’adresser. Le dossier administratif doit être complet : relevés de notes, attestations de formation et preuves de compétences linguistiques, souvent demandées selon les exigences régionales.
La reconnaissance des qualifications professionnelles étrangères repose sur des accords bilatéraux et multilatéraux, des directives européennes et des ordonnances nationales. Les professions sont réglementées soit par la Confédération, soit par les cantons. Le règlement du 27 octobre 2006 régit la reconnaissance des diplômes de fin d’études étrangers.
La CDIP instruit les diplômes d’enseignement des degrés primaire et secondaire I, ainsi que ceux des écoles de maturité, selon le règlement du 28 mars 2019. Elle traite aussi la logopédie, la psychomotricité, l’enseignement spécialisé et l’éducation précoce spécialisée. Le dépôt se fait en ligne, avec une check-list des documents à soumettre et des mesures compensatoires possibles.
Les prestations de services en Suisse sont possibles pendant 90 jours de travail effectifs au maximum par année civile. L’activité doit être déclarée, une procédure accélérée étant prévue pour les travailleurs de l’UE/AELE.
Avantages et contraintes de la reconnaissance des diplômes étrangers
- Pro
- Accès à des professions réglementées grâce à une procédure officielle
- Pro
- Procédure accélérée pour les travailleurs de l’UE/AELE
- Con
- Documents administratifs complets requis (notes, attestations, langue)
- Con
- Durée maximale de 90 jours de travail sans reconnaissance officielle
Métiers et secteurs qui recrutent
Certains métiers et secteurs recrutent en Suisse, notamment dans la vente, le marketing et la transformation énergétique et environnementale.
Métiers en forte demande en Suisse (2024–2025)
- Spécialistes de la transformation énergétique et environnementaleHaut niveau de recrutement
- Vendeurs et spécialistes du marketingRecrutement actif
- Artisans et techniciens dans les arts et divertissementCroissance significative
- Transporteurs et gestionnaires d’entreposageStabilité et expansion


