
Marché du travail
Lire le chômage suisse par canton et par profil, pas par métier
Ce texte explique comment lire le chômage suisse par canton à partir des séries BIT et SECO, avec des repères par sexe, nationalité, âge et branche, mais aucun taux par profession nommée.
Deux taux, deux lectures : BIT et SECO
Apprendre à lire le chômage suisse à deux niveaux — par canton et par profession nommée — suppose de distinguer deux séries. Les chiffres cantonaux sont détaillés plus bas ; pour une profession nommée, aucun chiffre correspondant n'est publié dans les séries présentées.
Le taux de chômage au sens du BIT est produit par l'Office fédéral de la statistique (OFS) à partir de l'Enquête suisse sur la population active (ESPA). Est chômeuse toute personne sans travail, disponible pour en prendre un et en recherche active. Ces résultats paraissent chaque trimestre.
Au 1er trimestre 2026, la Suisse comptait 266 000 personnes au chômage, soit 26 000 de plus qu'un an auparavant. Le taux BIT est passé de 4,7 à 5,2 %.
Sur la même période, le taux a reculé dans l'UE, de 6,2 à 6,1 %. Les voisins divergent : Allemagne de 3,7 à 4,2 %, France de 7,5 à 7,8 %, Italie de 6,8 à 5,3 %, Autriche de 6,1 à 6,2 %.
Le taux mensuel publié par le Secrétariat d'État à l'économie (SECO) repose sur une autre base : les personnes inscrites auprès des offices régionaux de placement. Il rapporte le nombre de chômeurs à la population active, y compris les diplomates et les fonctionnaires internationaux.
Ces chiffres paraissent chaque mois sur amstat.ch, avec le chômage partiel (réduction de l'horaire de travail), les demandeurs d'emploi et les postes vacants. Les documents mensuels comportent les définitions et explications nécessaires à l'interprétation des indicateurs.
L'inscription est la porte d'entrée de la série SECO : une personne n'y figure qu'une fois inscrite en vue du placement, en ligne sur travail.swiss ou auprès de l'ORP compétent. Le salaire est assuré par l'assurance-chômage dès qu'il atteint 500 francs par mois en moyenne ; l'obligation de cotiser est réglée par la loi sur l'AVS. Les travailleurs indépendants ne sont pas assurés.
La perte de gain s'annonce auprès de la caisse de chômage. La brochure «Être au chômage» de l'Info-Service détaille la procédure et les entretiens de conseil à l'ORP.
Les taux SECO fournissent des ventilations par âge et par branche ; les taux par sexe et par nationalité relèvent, eux, de la série BIT. Un taux de branche agrège plusieurs métiers : il ne vaut pas pour une profession nommée.
Les deux séries présentées ici ne comportent aucun taux par profession nommée. Les chiffres cantonaux existent ; pour une profession nommée, il n'existe pas de taux correspondant dans ces séries.
Un taux BIT trimestriel et un taux SECO mensuel ne se comparent donc pas ligne à ligne. Pour suivre une tendance conjoncturelle d'un mois à l'autre, la série SECO est la plus fine.
Pour situer la Suisse par rapport à ses voisins ou obtenir un niveau indépendant des comportements d'inscription, citez la série BIT. Mélanger les deux dans un même graphique produit des ruptures qui n'existent pas sur le marché du travail.
L'ESPA se lit aussi en volume, pas seulement en taux. Au 1er trimestre 2026, la Suisse comptait 5,351 millions de personnes en emploi, soit 0,2 % de plus qu'un an auparavant, et 0,3 % de plus en équivalents plein temps.
Le taux d'emploi des 15-64 ans a reculé de 79,8 à 79,3 %, et de 67,5 à 67,2 % converti en équivalents plein temps. Après correction des variations saisonnières, le taux BIT a reculé de 5,1 à 5,0 % entre le 4e trimestre 2025 et le 1er trimestre 2026. Cette lecture trimestrielle va dans le sens inverse de la comparaison annuelle.
Avantages et limites des deux séries statistiques : BIT vs SECO
- Avantage BIT (ESPA)
- Mesure indépendante des comportements d'inscription ; permet la comparaison internationale.
- Inconvénient BIT (ESPA)
- Données trimestrielles, moins fines pour suivre les variations mensuelles.
- Avantage SECO
- Données mensuelles, plus réactives aux changements conjoncturels.
- Inconvénient SECO
- Dépend des inscriptions aux ORP ; inclut des catégories spécifiques (fonctionnaires internationaux).
La carte OFS «Taux de chômage | Carte» : repérer les écarts, pas désigner des gagnants
L'OFS publie une carte intitulée «Taux de chômage | Carte» (map 900052). Une carte de ce type sert d'abord à repérer des écarts et des regroupements régionaux, pas à établir un classement. Un taux cantonal est un rapport entre un nombre de chômeurs et une population active de référence ; les deux termes varient selon les cantons, la taille de la population, la structure de l'emploi et les mouvements pendulaires.
En janvier 2026, la série SECO plaçait le Jura en tête des cantons avec 5,5 %, devant Genève (5,2 %), Vaud (4,9 %), Neuchâtel (4,8 %) et le Valais (4,1 %). Appenzell Rhodes-Intérieures fermait la marche à 0,9 %. Berne se situait à 2,4 % et Zurich à 3,0 %.
Sur un mois, Genève et le Valais ont gagné 0,2 point et le Jura 0,1 point ; Vaud est passé de 4,8 à 4,9 %. Neuchâtel (4,8 %) et Fribourg (2,9 %) sont restés stables. La région francophone du Jura bernois a pris 0,3 point, à 4,9 %.
Au niveau national, le taux SECO a progressé de 0,1 point en janvier 2026, à 3,2 % ; corrigé des variations saisonnières, il reculait de 0,1 point, à 2,9 %. Les inscrits aux ORP étaient 152 280, en hausse de 3,4 % sur un mois, et les demandeurs d'emploi 236 319, soit un taux de 5,0 %. Les postes vacants annoncés atteignaient 48 904, en hausse de 36,1 %.
Un repère plus ancien, pour l'été 2014, donnait déjà Genève (5,4 %), Neuchâtel (5,0 %) et Vaud (4,6 %) en tête, Zurich à 3,1 %, et Uri, Nidwald et Obwald à 0,9 %. Deux millésimes, deux têtes de classement différentes : en janvier 2026, le Jura affichait 5,5 %, devant Genève (5,2 %).
Avant de placer un canton sur la carte, vérifiez de quelle série provient le taux affiché — BIT/ESPA ou SECO. Une carte cantonale issue de l'ESPA et une carte construite sur les inscrits à l'ORP ne se superposent pas. Le même contrôle vaut pour la période : une carte annuelle lisse des variations mensuelles parfois fortes, alors qu'une carte mensuelle les met en avant.
Dans les cantons de petite taille, quelques dizaines de chômeurs en plus ou en moins déplacent sensiblement le taux. Pour juger d'une évolution, comparez le nombre absolu de chômeurs avec le taux. Regardez aussi si le mouvement se retrouve dans plusieurs cantons voisins plutôt que dans un seul.
Lire un métier dans un canton demande un tableau à deux entrées, avec sa source et sa période. Aucun des taux cantonaux cités ne fournit ce croisement : ils valent tous métiers confondus. Aucune profession n'y est nommée ni chiffrée.
Pour une profession nommée dans un canton, les publications citées ne donnent ni taux ni tableau à deux entrées. Les seuls repères de branche datent de l'été 2014 et sont nationaux, pas cantonaux.
Sur les cantons cités plus haut, le taux affiché vaut tous métiers confondus. Aucun de ces niveaux ne dit quelles professions recrutent ou se replient dans le canton concerné.
Ce que le taux BIT dit des profils — et ce qu'il tait des métiers
Les agrégats de l'OFS montrent que le chômage au sens du BIT n'est pas réparti uniformément. En 2025, il touchait davantage les femmes (4,9 %) que les hommes (4,8 %), et davantage les personnes de nationalité étrangère (8,3 %).
Un repère plus ancien, sur la série SECO de l'été 2014, donnait 2,1 % pour les Suisses et 5,5 % pour les étrangers. Ces deux taux ne se lisent pas ligne à ligne avec les taux BIT, qui reposent sur l'ESPA.
La série SECO fournit aussi une lecture par âge : en janvier 2026, les 15-24 ans comptaient 13 785 inscrits, pour un taux de 3,2 %, en hausse d'un point. Chez les seniors, le taux atteignait 2,9 %, pour 42 029 inscrits (+3,4 %).
Trois lectures de profil sont donc disponibles : par sexe et par nationalité (BIT, 2025), par âge (SECO, janvier 2026), par branche (SECO, été 2014). Aucune ne porte sur une profession nommée.
La série SECO fournit une ventilation par branche : à l'été 2014, l'hôtellerie-restauration affichait 7,9 %, l'horlogerie 5,8 %, l'agro-alimentaire et l'industrie du tabac 5,4 %. La moyenne nationale s'établissait alors à 2,9 %.
En bas de classement, la banque se situait à 2,5 %, l'administration publique à 1,8 %, les assurances et l'énergie à 1,4 % chacune. Un taux de branche ne vaut pas taux de métier : plusieurs professions cohabitent dans une même branche.
Pour situer ces taux de branche : l'été 2014 comptait un peu plus de 126 600 personnes inscrites au chômage et un peu plus de 14 200 postes vacants. Le taux des moins de 25 ans, à 2,7 %, restait inférieur à la moyenne nationale de 2,9 %.
Ces taux de branche datent de l'été 2014 : ils ne décrivent pas le marché de 2026. Aucune ventilation 2025-2026 par branche ou par métier n'est publiée dans les séries présentées.
Un seul groupe de métiers est nommé à part : les métiers de la construction, en recul sur un an à l'été 2014. Aucun taux ne l'accompagne. C'est le seul intitulé professionnel cité, et il ne permet pas une lecture chiffrée par profession nommée.
Une lecture par profession exige des tableaux plus détaillés, où le croisement entre canton, profession et statut multiplie les cases. Plus on croise de critères, plus les effectifs par cellule diminuent et plus les résultats deviennent fragiles. Un taux calculé sur un petit groupe n'a pas la même solidité qu'un taux national.
Méthode de travail : partir des publications mensuelles d'amstat.ch et des communiqués trimestriels de l'OFS. Y relever le taux et sa définition, puis vérifier la période couverte. Écarter les cases dont les effectifs sont trop faibles pour porter un taux.
Une profession fortement concentrée dans un canton — ou dans quelques grands établissements — produit des mouvements liés à des décisions d'entreprise, pas à une tendance de métier.
Chiffrer un métier dans un canton suppose un tableau croisant les deux critères, avec sa source et sa période. Les taux publiés par sexe, par nationalité, par âge et par branche ne le remplacent pas.
Du plus large au plus fin, un lecteur peut chiffrer le taux national, le taux cantonal, puis les taux par sexe, par nationalité, par âge et par branche. Pour tout chiffre de métier, indiquez la source et la période, et vérifiez que la case ne repose pas sur quelques dizaines de personnes.
Comparer les cantons : vérifier la source et le dénominateur
Les taux de chômage cantonaux ne se comparent pas toujours directement entre eux ni avec le taux national. Les séries utilisées, les populations de référence et les périodes diffèrent selon les publications et les cantons.
En janvier 2026, Vaud affichait 4,9 % sur la série SECO, contre 5,2 % à Genève, 4,8 % à Neuchâtel et 2,9 % à Fribourg ; le taux suisse s'élevait à 3,2 % le même mois.
Ces niveaux proviennent de la même série mensuelle. Ils ne suffisent pas à eux seuls à établir un classement : un taux cantonal est un rapport entre un nombre de chômeurs et une population active de référence, qui peut varier selon les cantons.
Les statistiques cantonales genevoises rappellent la définition : le taux de chômage calculé par le SECO est le rapport entre le nombre de chômeurs et le nombre de personnes actives. Cette formule vaut pour les taux cantonaux comparés ici.
Le réflexe à en tirer vaut pour toutes les comparaisons intercantonales : avant de conclure d'un écart de taux, identifiez ce qui est compté et ce qui sert de dénominateur.
Le taux SECO se calcule sur la population active en incluant les diplomates et les fonctionnaires internationaux — un choix qui pèse différemment selon les cantons où ces personnes sont nombreuses. Les cantons peuvent en outre publier leurs propres analyses, avec leurs propres choix de série.
Concrètement, pour chaque taux utilisé dans une comparaison, notez trois éléments : la source (OFS/ESPA ou SECO), la population de référence et la période. Si une publication cantonale signale une particularité méthodologique, citez l'écart comme un ordre de grandeur assorti de la réserve, jamais comme un classement chiffré.
Les taux cantonaux cités ici sont des taux globaux, tous métiers confondus. Aucune profession n'y est isolée : pour Vaud, Genève, Neuchâtel ou Fribourg, les publications citées ne donnent pas de taux par profession nommée.
La même réserve vaut pour une lecture par profession : un taux de branche ne se compare pas entre cantons sans sa source et sa période. Aucun taux de branche 2025-2026 n'est publié dans les séries présentées.
Actualiser la lecture au fil des publications
Le rythme mensuel se suit sur amstat.ch, qui met en ligne pour chaque mois la publication « La situation sur le marché du travail » et un leporello récapitulant les principaux indicateurs (chômage, chômage partiel, postes vacants). Les mêmes documents comportent les définitions et explications nécessaires à l'interprétation des indicateurs.
La même page héberge une FAQ qui répond aux principales questions sur la statistique du marché du travail du SECO. Elle sert à comprendre et à interpréter correctement les indicateurs ainsi que leur pertinence.
Les réductions de l'horaire de travail ont concerné 11 607 personnes en janvier 2026, soit 7,6 % de plus qu'en septembre précédent après trois mois de collecte, et 775 entreprises (+9,6 %). Le nombre de personnes ayant épuisé leurs droits à l'assurance-chômage atteignait 2 832 en novembre, en baisse de 12,7 % sur un mois.
Le calendrier provisoire 2026 annonce les parutions à 09h00 : 7 septembre 2026 pour les données d'août, 6 octobre pour septembre, 5 novembre pour octobre et 7 décembre pour novembre. La publication de décembre est attendue en janvier 2027, à une date à confirmer.
Les parutions mensuelles portent sur le chômage, le chômage partiel, les demandeurs d'emploi et les postes vacants. Pour l'axe cantonal, le repère nommé est la carte map 900052, complétée par les tableaux mensuels du SECO.
Le rythme trimestriel se suit par les communiqués de l'OFS issus de l'ESPA, qui donnent à la fois le niveau du taux BIT, l'évolution de l'emploi et une comparaison internationale. Le communiqué du 18 mai 2026, portant sur le 1er trimestre, en est le modèle : taux BIT suisse, taux européens et taux des pays voisins sur la même base.
Pour le contexte structurel, des rapports du SECO complètent les séries. Ils éclairent les flux de main-d'œuvre, le détachement et la libre circulation, mais ne fournissent pas de taux par profession nommée.
Ordre de lecture utile : le PDF mensuel pour repérer le sens du mouvement. L'ESPA trimestrielle fixe le niveau et permet la comparaison. Les rapports de contexte expliquent ce que les taux ne disent pas.
Pour une profession nommée, aucune publication mensuelle ou trimestrielle citée ne fournit de taux. L'actualisation porte donc sur les cantons, les branches (été 2014), l'âge, le sexe et la nationalité.


